Ravalement de façade en pierre, les précautions à prendre

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Avec le temps, la devanture de la maison perd de son éclat. Quelquefois, des fissures apparaissent au niveau de la maçonnerie ou encore de la moisissure vient s’y incruster, ce qui peut nécessiter une réparation. Le ravalement s’avère donc une nécessité dans ces deux cas. La technique à employer dépend beaucoup de la nature des matériaux. En effet, chaque support possède ses propres caractéristiques. Et il faut s’y prendre d’une certaine manière pour rénover les zones fragiles. Urbel fait le point sur le ravalement de façade en pierre.

Ce paradoxe à priori surprenant s’explique en réalité par le fait que les matériaux en eux-mêmes ne sont pas particulièrement fragiles. Le souci se manifeste plutôt au niveau de la structure et de l’assemblage. Par exemple, une intervention musclée de sablage sur un support ancien risque de faire plus de dégâts que de bien. L’équilibre de l’ensemble peut être fragilisé à cause de joints en mauvais état.

Que faut-il savoir alors pour mener à bien le ravalement d’une façade en pierres ? Quelles sont les particularités et avantages potentiels ? Quelles sont les méthodes existantes ? Et surtout, pour quel budget ?

Ravalement de façade en pierre
Différentes techniques existent pour nettoyer sa façade sans l’altérer

Une nature de façade à vérifier impérativement

On les rencontre partout : en Île-de-France, dans le Nord, au bord de l’atlantique ou encore près de la Méditerranée. Autrefois, ce produit naturel fut très utilisé dans la construction : maison de village, édifices religieux ou châteaux forts. La pierre appartient à ces marqueurs temporels qui permettent d’emblée de dater une construction.

Le diagnostic, la première étape

Avant de vous lancer dans le ravalement de façade d’un mur extérieur en pierre, il faut vous questionner. Entre autres, existe-t-il une pathologie ? Il peut par exemple s’agir d’un encrassement à cause de la pollution. En effet, la poussière et les polluants dans l’air peuvent venir s’incruster sur les surfaces extérieures. Et avec l’arrivée de la pluie ou de la neige, ces plaques deviennent compactes et s’épaississent au fil des saisons.

Si c’est votre cas, alors un grand nettoyage s’impose afin de dégager les moisissures, les plaques de boue, la poussière et les micro-particules. Cette opération de nettoyage vous aidera au passage à aller plus loin pour évaluer l’état général de la construction. À cette étape, identifiez les remontées capillaires éventuelles, les fissures importantes et surtout vérifiez l’intégrité des joints. Avec le temps, ils deviennent plus fragiles et leur dégradation peut être plus ou moins avancée.

Vérifier l’état des joints

Pour la vérification, il suffit de procéder en deux phases : passez le doigt sur les joints à portée de main. S’ils s’effritent, cela ne représente pas un bon signe de santé et sont dans un état d’usure avancé. La prochaine étape consiste à les racler doucement avec un objet métallique pointu. Si le mortier est de qualité, il doit présenter une rayure. Tandis que s’il est affaibli, la pointe creusera un sillon plus ou moins important.

L’opération doit être effectuée minutieusement sur la zone basse où l’humidité et les chocs ont tendance à fragiliser le mortier. Mais pensez également à les sonder sur les parties hautes. Au besoin, n’hésitez pas à ériger un échafaudage ou à faire appel à un spécialiste possédant l’équipement nécessaire pour un travail en hauteur en toute sécurité.

Le rejointoiement à la chaux : une étape indispensable

Lors de la réfection des joints, l’utilisation d’un mortier à base de chaux est primordiale. Contrairement au ciment moderne qui est rigide et imperméable, le mortier de chaux est souple et perméable à la vapeur d’eau. Cette ‘respirabilité’ est vitale pour un mur en pierre ancien : elle permet à l’humidité emprisonnée dans le mur de s’évacuer par les joints. L’utilisation d’un mortier ciment bloquerait cette humidité, qui chercherait alors à s’échapper par la pierre, provoquant son éclatement avec le gel et sa dégradation à long terme.

Les étapes clés du rejointoiement

Le rejointoiement d’un mur en pierre se déroule en plusieurs phases techniques :

  1. Le dégarnissage (ou piquage) : Les anciens joints dégradés sont retirés sur une profondeur de quelques centimètres à l’aide d’un marteau et d’un burin ou d’un petit marteau-piqueur, en veillant à ne pas abîmer les pierres.
  2. Le nettoyage : La façade est brossée et dépoussiérée pour enlever tous les résidus. Le support est ensuite humidifié la veille et juste avant l’application pour que le mortier adhère bien sans sécher trop vite.
  3. L’application du mortier : Le mortier de chaux est appliqué en profondeur dans les joints, en s’assurant de bien remplir les cavités.
  4. La finition : Une fois que le mortier commence à durcir (‘prendre’), les joints sont brossés avec une brosse en chiendent ou en laiton pour enlever l’excédent et donner l’aspect final (joints brossés, lissés, creusés, etc.).

Établir le diagnostic

Ensuite, il faudra examiner attentivement les composants de la maçonnerie. Les pathologies de la pierre et du joint sont en tous points semblables. Même si le matériau est dur, il demeure sensible à l’humidité, aux infiltrations, aux rayons UV, à la succession du gel et du dégel ou aux chocs répétés. Les vibrations récurrentes générées par le trafic routier et ferroviaire ont également une incidence sur l’intégrité de la structure.

Le premier examen est avant tout visuel. Scrutez les éléments à la recherche de signes évidents comme les cassures, les fêlures, des bords effrités ou des zones constamment humides. Parfois, un moellon peut juste se désolidariser de l’ensemble et être en retrait ou au contraire glisser légèrement vers l’extérieur. Tous ces signes montrent que les éléments souffrent à cause du climat et des agressions externes.

Une fois que vous avez fini votre audit, envisagez les contraintes esthétiques. Pour les bâtiments anciens, les façades font partie de leur identité architecturale. Souvent, la restauration doit tenir compte de ce détail et favoriser la conservation des matériaux apparents.

Faites appels à des professionnels

Dans ce cas, on recommande de faire appel à une entreprise ou à un artisan façadier professionnel. Les spécialistes en rénovation et ravalement de façade en pierre peuvent confirmer votre diagnostic et produire une estimation précise du coût des travaux. Ce tarif s’exprime souvent au mètre carré. Le budget pour ce genre de chantier dépend surtout de l’état des surfaces à restaurer. En général, la prestation consiste à nettoyer délicatement, refaire le mortier et remplacer les éléments endommagés.

Comment réparer les pierres abîmées ?

Lorsque des pierres sont effritées ou fissurées, plusieurs solutions existent. Pour les dommages superficiels, on peut utiliser un mortier de reconstitution de pierre. Ce produit, composé de poudre de pierre et de chaux, permet de combler les manques et de reconstituer les parties abîmées en imitant la teinte et la texture de la pierre d’origine. Si une pierre est trop endommagée ou structurellement compromise, son remplacement partiel (une ‘greffe’) ou total est nécessaire. L’enjeu est alors de trouver une pierre de remplacement de même nature et couleur pour maintenir l’harmonie de la façade.

Si votre bâti n’a pas d’éléments apparents, le diagnostic se porte surtout sur l’intégrité de l’enduit extérieur. Des fissures, des craquelures et la présence de moisissures ne sont jamais bon signe. Souvent, il est nécessaire de réaliser un décapage de l’ancienne couche avant la mise en œuvre du nouveau revêtement. Au cours de cette étape, le support est mis à nu et son intégrité examinée.

Le prix du ravalement

La mise en œuvre d’un crépi représente une solution relativement simple et pratique comparée à la réhabilitation d’un mur en moellons apparents. Le devis pour ce genre d’opération se situe entre 50 et 80 euros/m² selon la santé de la construction et le type d’enduit choisi. Les hydrauliques à base de chaux sont disponibles à partir de 5 euros/m² par passe. Globalement, avec les différentes couches de rebouchage, de lissage et de crépissage, comptez pour un budget moyen de 20 à 35 euros/m².

Les enduits monocouches sont plus performants et offrent une protection satisfaisante après une application en couche mince. Ils sont proposés à compter de 15 euros /m² dans le commerce. Ils possèdent l’avantage d’être applicables sur tous supports sains et propres. De plus, les monocouches sèchent plus rapidement comparés aux multicouches.

La pose de pierre naturelle par placage pour remplacer des éléments désolidarisées ou trop abîmées coûte entre 75 et 138 euros/m².

Ravalement de façade en pierre
Certains assemblages demandent un traitement spécifique

Comment nettoyer la pierre avant un ravalement de façade ?

L’utilisation de jet d’eau à haute pression peut donner de bons résultats. Attention toutefois à adapter la force du jet en fonction de la nature du bâti pour ne pas abîmer la finition. En effet, une pression trop importante creusera davantage des jonctions déjà fragiles. Préférez dans ce cas utiliser un nettoyage manuel avec une brosse et un jet d’eau à pression modérée. Cela vous permet de limiter les dégâts et d’obtenir un résultat net. Le sablage et les autres méthodes hydro agressifs sont à proscrire.

Privilégier les techniques de nettoyage douces

Pour les pierres anciennes et fragiles, plusieurs techniques de nettoyage à basse pression sont recommandées. L’hydrogommage, qui projette un mélange d’eau et de micro-abrasifs très fins (comme la poudre de calcite ou le verre pilé), est très efficace pour enlever la saleté sans agresser la pierre. La nébulisation est une autre méthode douce, consistant à pulvériser de fines gouttelettes d’eau en continu pour ramollir la crasse, qui est ensuite rincée à très basse pression. Ces méthodes préservent le calcin, la couche protectrice naturelle de la pierre.

Le nettoyage d’une façade en pierre peinte

Si vos murs ont été peints, il faudra impérativement enlever cette couche de peinture. Pour cela, vous pouvez gratter à la spatule en guise de décapage. En général, les décapants chimiques vendus dans le commerce produisent de bons résultats sur les surfaces en granite comme ceux qu’on retrouve surtout dans l’ouest du pays. Par contre, les décapants chimiques peuvent altérer les bâtis en calcaire. C’est pour cela qu’il est déconseillé de peindre ce type de support. Dans ce cas, le décapage manuel demeure la solution la moins destructrice.

Nettoyer à l’eau forte

À la place de la peinture, les spécialistes recommandent l’application d’une eau forte. Ce mélange d’eau et de chaux diluée est parfait pour reconstituer une épaisseur protectrice de calcin. De plus, une eau forte peut être utilisée pour redonner des couleurs. À travers ce mélange hydro, les pigments se diffusent et imprègnent durablement la pierre.

Comment protéger efficacement un mur en pierre à l’occasion d’un ravalement ?

L’épaisseur de calcin représente une enveloppe naturelle qui imprègne la surface. Elle durcit au fil du temps et préserve la structure contre les intempéries et les rayons UV. Cette carapace à base de carbonate de calcium constitue aussi une barrière lors des épisodes de gel et de dégel successifs.

Par ailleurs, il est nécessaire également de protéger la pierre et les jonctions en ciment ou en chaux contre les dégradations occasionnées par l’humidité. Il s’avère souvent utile de procéder à la pulvérisation d’une solution hydrofuge. Cela protégera efficacement contre les infiltrations d’eau et les remontées capillaires. En parallèle, pensez à couvrir le revêtement d’un produit contre les mousses et les moisissures. Ces traitements se renouvelleront au besoin sans forcément attendre une réfection plus importante.

Hydrofuge ou minéralisation : quelle protection choisir ?

Il est important de ne pas confondre ces deux traitements de finition. Un traitement hydrofuge dépose un film protecteur non visible à la surface de la pierre, qui fait perler l’eau et empêche sa pénétration tout en laissant le mur respirer. C’est idéal pour protéger de la pluie. La minéralisation, quant à elle, est un produit qui pénètre en profondeur dans la pierre et réagit chimiquement avec elle pour la durcir et réduire sa porosité. On l’utilise surtout sur des pierres friables ou fragilisées pour consolider leur structure. Le choix dépend donc de l’objectif : protéger de l’eau (hydrofuge) ou renforcer la pierre (minéralisation).

En somme, des murs bien entretenus et protégés convenablement peuvent durer encore un millier d’années. La réalisation d’un ravalement régulier en garantit la conservation.

Ravalement de façade en pierre
Ravaler sa façade c’est aussi veiller à traiter contre l’humidité

Pourquoi procéder au ravalement d’une façade en pierre ?

Tout d’abord un projet de rénovation découle d’une obligation essentielle. Une maçonnerie endommagée doit absolument être restaurée sous peine d’engendrer des problèmes d’humidité et peut-être même conduire à son effondrement.

Par ailleurs, cette intervention remplit aussi un rôle esthétique. Le type de prestation à entreprendre dépend également du budget : restauration des joints uniquement, pose d’un parement ou mise en œuvre d’un enduit extérieur mince par exemple. De même, des prestations sur un immeuble n’auront pas le même coût que sur un logement individuel. Une intervention sur votre devanture confère un meilleur aspect à votre maison et peut servir à convaincre un acquéreur potentiel.

Par ailleurs, un ravalement de façade peut être l’occasion pour procéder à l’isolation d’un mur en pierre. Si les travaux se font par l’extérieur, on parle alors d’ITE ou Isolation Thermique par l’Extérieur. Une ITE augmente le confort de vie des occupants de la maison et de réduire la facture de chauffage. En effet, la pose d’un parement isolant permet de maîtriser les pertes de chaleur par les parois.

Les parois opaques laissent échapper jusqu’à 25 % de la chaleur produite par le système de chauffage. C’est pourquoi l’installation d’un parement thermique donne de meilleures performances énergétiques pour le logement.

Quelles aides pour un ravalement ?

La TVA à taux réduit est une aide importante. Il faut distinguer deux cas : si le ravalement de façade s’accompagne de la pose d’un isolant (Isolation Thermique par l’Extérieur), vous pouvez bénéficier d’une TVA à 5,5 %. Pour un ravalement seul, sans travaux d’isolation thermique, la TVA est tout de même réduite à 10 % pour les logements de plus de deux ans. Cela s’applique à la main-d’œuvre et aux matériaux fournis par l’entreprise.

Les chantiers de rénovation énergétiques permettent de bénéficier des aides financières de l’État. Vous pouvez ainsi faire une demande pour les subventions MaPrimeRénov’ de l’ANAH ou Agence Nationale de l’Habitat. Plusieurs autres aides ont été développées grâce à la loi sur la performance énergétique : les Primes énergie ou CEE (Certificats d’économies d’énergie), le pacte énergie solidarité et l’éco-PTZ.

Les conditions d’octroi de ces subventions varient d’un dispositif à un autre, mais, en général, elles nécessitent :

  • La conformité aux plafonds de revenus fixés par l’ANAH
  • La conformité aux critères d’âge du bâtiment : celui-ci doit avoir été achevé depuis plus de deux ans
  • L’affectation du bâtiment à titre de résidence principale ou secondaire
  • D’être propriétaire du logement
  • L’utilisation de revêtements isolants pouvant satisfaire au seuil de résistance thermique recommandé. Dans la plupart des cas, la résistance thermique minimale requise est de 3,7 K.W/m²
  • De faire appel à un artisan qualifié RGE ou Reconnu Garant de l’Environnement. Il dispose du savoir-faire nécessaire pour la mise en œuvre d’un projet de rénovation énergétique. De plus, il doit offrir une garantie décennale pour les travaux qu’il exécute.
Ravalement de façade en pierre
Pour ne pas altérer la pierre, mieux vaut le conseil d’un professionnel

Quel est le coût d’un ravalement de façade pour un mur en pierre ?

Le coût d’un ravalement de façade en pierre varie considérablement selon l’état du mur et l’ampleur des travaux. Pour une estimation plus précise, voici une ventilation des tarifs couramment pratiqués :

  • Un simple nettoyage avec traitement hydrofuge se situe généralement entre 30 € et 70 € par mètre carré.
  • Pour un rejointoiement complet (creuser les anciens joints et les refaire au mortier de chaux), les prix varient de 40 € à 100 €/m².
  • Une restauration complète, incluant le diagnostic, le nettoyage, le rejointoiement et les finitions de protection, peut coûter entre 120 € et 300 € par mètre carré. Pour une maison avec 100 m² de façade, le budget total peut donc s’échelonner de 3 000 € pour un entretien léger à plus de 30 000 € pour une rénovation en profondeur. Il est indispensable de demander plusieurs devis détaillés à des artisans qualifiés pour comparer les prestations.