Pour limiter les déperditions de chaleur, le système d’isolation des murs par l’extérieur est l’idéal. Il est considéré comme la meilleure solution pour assurer la régulation de chaleur et supprimer les ponts thermiques. Ce chantier vous apportera non seulement un réel confort, mais embellira également votre maison. Toutefois, même avec les économies d’énergie générées, son coût peut être conséquent. C’est d’autant plus le cas si vous souhaitez confier les prestations à des professionnels. Heureusement, il est possible d’assurer une isolation par l’extérieur soi-même. Le choix des fournitures et de la méthode à utiliser doit notamment être étudié de près.
Avant de commencer : Les démarches administratives obligatoires
Avant même de commander vos matériaux, une étape administrative est indispensable : la déclaration préalable de travaux. Comme l’isolation par l’extérieur modifie l’aspect de votre façade, vous devez déposer un dossier en mairie. Pensez à consulter le Plan Local d’Urbanisme (PLU) de votre commune pour connaître les règles spécifiques concernant les matériaux, les couleurs et l’aspect final autorisés.
Un point crucial sur les aides financières
Bien que l’autoconstruction permette de réaliser d’importantes économies sur la main-d’œuvre, il est essentiel de savoir que cette option vous exclut de la plupart des aides financières de l’État, comme MaPrimeRénov’ ou les CEE (Certificats d’Économie d’Énergie). Ces subventions sont conditionnées à la réalisation des travaux par un artisan certifié RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). Le calcul de la rentabilité de votre projet doit donc prendre en compte cette absence d’aide.

L’isolation par l’extérieur avec un enduit
Il existe différentes techniques pour faire une isolation des murs extérieurs en finition enduit. Ces solutions ne nécessitent pas la mise en œuvre de bardages, contrairement d’autres méthodes.
Deux approches : L’enduit isolant vs. le Système ITE sur panneaux
Il est important de ne pas confondre deux solutions distinctes : l’application d’un ‘enduit isolant’ et la mise en œuvre d’un système complet d’Isolation Thermique par l’Extérieur (ITE) sous enduit.
- L’enduit isolant (chaux-chanvre, etc.) est un mortier contenant des agrégats isolants, appliqué en couches épaisses. Sa performance thermique est limitée, mais il est idéal pour une correction thermique modérée sur du bâti ancien.
- Le système ITE sous enduit est une solution beaucoup plus performante. Il consiste à fixer des panneaux isolants rigides (polystyrène, laine de roche) sur le mur, qui sont ensuite recouverts d’un enduit. C’est cette méthode qui permet d’atteindre les standards d’isolation modernes.
L’isolation par l’extérieur sous enduit
La technique de l’ITE sous enduit sur panneaux isolants est la plus courante et suit un processus précis pour garantir performance et durabilité. Voici les étapes fondamentales :
- Préparation du support : Le mur doit être propre, sec et sain. Toutes les fissures doivent être réparées.
- Pose du rail de départ : Un profilé de départ est fixé en bas du mur pour assurer un alignement parfait de la première rangée d’isolant et le protéger.
- Collage et chevillage des panneaux : Les panneaux isolants (en PSE, laine de roche, etc.) sont d’abord collés au mur avec un mortier-colle spécifique. Après séchage, ils sont solidement fixés mécaniquement à l’aide de chevilles à frapper.
- Application du sous-enduit et marouflage : Une première couche de sous-enduit est appliquée sur les panneaux. Un treillis d’armature en fibre de verre est immédiatement marouflé (noyé) dans cette couche fraîche pour renforcer la structure et prévenir la fissuration.
- Application de l’enduit de finition : Une fois le sous-enduit sec, une couche de finition (crépi) est appliquée pour donner l’aspect final à votre façade et la protéger des intempéries.
La composition d’un enduit isolant
Un enduit de façade classique ne possède pas forcément de caractéristique thermique. Il s’agit en fait d’un enduit spécifique ne réclamant pas un autre isolant supplémentaire.
Cet enduit contient notamment du mortier classique. Il comporte soit du ciment, soit de la chaux ou de l’argile comme liant et des granulés isolants comme le polystyrène expansé ou PSE et les microbilles. Ces derniers sont fabriqués soit avec du chanvre, soit du verre ou du liège.
Quels sont les différents types d’enduit isolant ?
Plusieurs catégories d’enduits utilisés pour faire son isolation des murs extérieurs par soi-même ont des caractéristiques thermiques, même si en général, leur composition est la même. En effet, l’enduit doit contenir du mortier et un matériau isolant implanté avec un liant. Vous avez alors le choix entre différents produits.
L’enduit de chanvre, l’isolation par l’extérieur au naturel
Si vous souhaitez utiliser des matières naturelles et écologiques, le chanvre est le plus adapté. Son principal avantage réside dans sa résistance à l’usure et aux aléas climatiques (les intempéries, les rayons de soleil, la pluie). Il se comporte aussi très bien vis-à-vis des parasites.
Cette matière est également un bon isolant acoustique. Il protègera votre bâtiment des vibrations et autres ondes électromagnétiques. Il est notamment approprié pour les bâtiments traditionnels, avec des maçonneries en briques ou en pierre. Si votre habitation est située dans une zone à champ magnétique élevé, il est aussi recommandé d’opter pour une isolation des murs extérieurs avec le chanvre.
Le crépi chaux-liège
C’est un produit naturel fabriqué à base de chêne-liège. Il se caractérise par une très bonne résistance au feu. Il a un bon comportement également vis-à-vis de l’humidité et reste très stable face aux changements de température. Si vous besoin d’isoler également phoniquement, nous conseillons ce type de produit. Il a une conductivité de 0.045 W/mK, ce qui est largement supérieur à la laine de roche.
L’aérogel de silice
L’enduit à base d’aérogel de silice est réputé être très performant grâce à ses composants. En effet, le résultat obtenu avec ce dernier n’est pas très loin du verre. L’aérogel de silice présente une conductivité de 0.027 W/mK, là où celle du PSE s’établit à 0.036 et à 0.034 pour la roche. Ce type d’enduit résiste à l’humidité, au feu et ne présente aucun danger pour la santé puisqu’il ne dégage pas de matières organiques volatiles.
Le torchis
Le torchis est constitué d’un mélange de terre et de paille. Cette technique est la plus adaptée pour obtenir un parfait revêtement de façade ancienne. En plus, le torchis est considéré comme très économique. Il peut s’appliquer sur n’importe quel type du bâtiment, que ce soit des parois en briques, en parpaings ou bien en pierre. Le torchis s’applique de la même façon qu’un enduit chaux-chanvre. Il est possible de le fabriquer vous-même et la préparation peut se faire au malaxeur ou à la bétonnière.

Les outils nécessaires pour l’isolation des murs extérieurs
La réussite de votre chantier dépend grandement de votre équipement. Voici une liste des outils indispensables :
Pour la sécurité (non négociable) :
- Échafaudage : Le travail en hauteur impose l’utilisation d’un échafaudage stable et conforme aux normes. L’échelle est à proscrire pour ce type de travaux.
- Équipements de Protection Individuelle (EPI) : Gants, lunettes de protection, masque anti-poussière et chaussures de sécurité.
Pour la mise en œuvre :
- Outillage général : Mètre, niveau à bulle, fil à plomb, cordeau traceur, marteau, perceuse-visseuse.
- Pour la découpe de l’isolant : Un couteau à isolant ou une scie spécifique (fil chaud pour le PSE, scie égoïne à grosses dents pour la laine de roche/bois).
- Pour la technique sous enduit : Un malaxeur électrique pour préparer les mortiers, une truelle, une taloche crantée et une taloche lisse.
- Pour la technique sous bardage : Une scie (circulaire ou égoïne) pour les tasseaux.
Étape préliminaire : La préparation essentielle de la façade
Une isolation extérieure réussie commence par un support impeccable. Avant de poser le moindre panneau, une inspection et une préparation minutieuses de vos murs sont obligatoires. Assurez-vous que la façade est propre, saine et plane. Nettoyez-la pour enlever mousses, saletés et parties non adhérentes. Réparez les fissures, rebouchez les trous et assurez-vous que le mur est parfaitement sec. Retirez également tous les éléments qui pourraient gêner la pose, comme les gouttières ou les volets, qui devront être adaptés et reposés par la suite.
Le processus d’isolation par l’extérieur sous bardage
Il convient de suivre plusieurs étapes pour faire soi-même l’isolation par l’extérieur de sa maison sous bardage : le soubassement, le traçage, la mise en œuvre des cornières et de la laine.
Les soubassements
Il faut avant tout traiter le bas de votre façade en posant un revêtement bicouche de métaux et de PSE. L‘application se fait sur une hauteur de 20 centimètres.
Ensuite, vous n’avez qu’à reporter la valeur de chaque côté de la plaque, sur la face polystyrène, et à marquer la découpe avec une règle. Après cela, découpez en débutant par la partie béton avec votre meuleuse. Puis terminez votre découpe avec une scie égoïne.
Par la suite, déposez du cordon de mastic sur la plaque, du côté du polystyrène, avec un pistolet à mastic. Enfin, emboîtez successivement les éléments et appuyez pour qu’ils adhèrent parfaitement aux supports. Vous n’avez plus qu’à reproduire les mêmes gestes sur toute la largeur de votre façade.
Le traçage
Une fois que vous en aurez terminé avec les soubassements, vous pouvez passer à l’étape suivante, qui n’est autre que le traçage. Pour débuter, tracez des repères sur toute la surface, afin de mieux délimiter la zone et l’emplacement des cornières.
Il convient de prendre la même méthode pour chaque ligne : commencez par le bord, matérialisez le premier trait avec un fil à plomb puis tracez un repère. Vous n’avez alors qu’à répéter cette action pour chaque ligne.
Ensuite, plantez un clou à béton pour y accrocher votre cordeau. Déroulez le cordon sur toute la surface et claquez-le. Ainsi, vous aurez terminé avec le marquage de votre première ligne.
Faites d’autres traits tous les 60 cm pour repérer l’emplacement des équerres le long du mur et à 10 cm de chaque côté des ouvertures (portes et fenêtres). Pour les marquages courts comme le dessus des fenêtres, il est plus pratique de réaliser les traits avec un niveau à bulle. Une fois tous les marquages faits, votre maçonnerie est donc prête pour disposer les cornières.

La mise en place des équerres
Elles permettront de maintenir la laine de votre isolation par l’extérieur, mais aussi d’installer les tasseaux qui supporteront le parement de finition. Disposez-les régulièrement sur les tracés précédents à 10 cm des extrémités avec des équerres éloignées de 1m35 maximum. Puis réalisez une première marque à 10 cm du chéneau. À l’aide d’un outil de mesure, déportez la cornière du trait, de manière à ce que les tasseaux puissent passer au centre du repère du cordeau.
Une fois fait, vous n’avez qu’à marquer les points de perçage. Ensuite, percez avec un foret adapté. Enfoncez la cheville au marteau, puis fixez-les avec une visseuse. Positionnez les équerres suivantes en quinconce sur support et dans le même sens en bordure de façade et autour des ouvertures. Nous recommandons d’en passer au moins 2 par ligne.
La mise en place de la laine de verre
Fixez un tasseau contre la paroi pour permettre l’installation du retour sur les bords de la paroi. Pour ce faire, il faut utiliser un tasseau à la bonne longueur et le plaquer contre le support et la cornière et fixer le tout à l’aide de vis à bois. Une fois cela fait, vous pouvez débuter l’installation de la laine.
Après avoir mesuré la longueur entre le chéneau et le bas du mur, ouvrez et déroulez votre premier rouleau. Reportez les valeurs et coupez l’isolant à l’aide d’un couteau. Une fois la découpe faite, disposez le panneau. On conseille de commencer à partir du haut. Repérez ensuite les équerres sur le panneau et faites des entailles pour faciliter leur passage.
Continuez le travail en embrochant l’isolant et en plaçant la rosace, afin de bien maintenir la laine contre les murs. Tracez deux marques sur la laine à 10 centimètres du haut. Vous pouvez ensuite percer l’isolant et la paroi à l’aide d’un foret adapté, puis glisser la rosace au marteau. Pour le reste, fixez les rosaces au maximum tous les 83 centimètres.
Lorsque votre isolant borde une ouverture, prenez le couteau et découpez-en le contour. Pour couvrir le dessus et le dessous de la fenêtre, il convient de mesurer la longueur à couvrir, embrocher l’isolant sur les équerres et fixer toujours 2 rosaces minimum. Il faut continuer la pose sur tout le mur de la même manière.
Quelques conseils supplémentaires pour faire une isolation par l’extérieur par soi-même
Quelques préconisations peuvent également vous aider à réussir vos travaux d’isolation des murs extérieurs. Il est notamment recommandé de procéder au moins à 2 pour effectuer la pose. Par ailleurs, il faudra s’assurer d’être équipé des bons outils de travail. Cela vous fera gagner du temps mais vous permettra surtout d’intervenir efficacement.
Il est aussi recommandé de bien planifier vos séances de travail. Si vous pensez que ça peut vous aider, réalisez une liste des différentes phases à suivre. Listez par la même occasion les matériaux nécessaires pour chaque étape. Une bonne préparation à l’avance est le gage de la réussite de votre projet. Dans cet état d’esprit, vous pourrez aussi acheter tous les matériaux et les outils bien avant le commencement du chantier, afin de vous assurer de prestations dans de bonnes conditions.
Enfin, n’hésitez pas à vous former avant de faire le grand saut, que ce soit sur internet ou en lisant des ouvrages spécifiques, car il s’agit d’un chantier de longue haleine.
L’isolation par l’extérieur par soi-même en conclusion
Si réaliser son ITE soi-même est une perspective séduisante pour réduire les coûts, il est crucial d’aborder ce projet avec lucidité. Les ‘réserves’ à considérer sont nombreuses :
- Compétences techniques : La pose doit être parfaite pour éviter les ponts thermiques et les problèmes d’étanchéité. Le traitement des points singuliers (fenêtres, portes, angles) est particulièrement délicat.
- Sécurité : Le travail en hauteur sur un échafaudage présente des risques réels et nécessite un équipement de sécurité adéquat.
- Exigence physique : Manipuler des panneaux isolants et des sacs d’enduit est un travail physique et de longue haleine.
- Garantie : En cas de malfaçon, vous ne bénéficierez d’aucune garantie décennale. Si vous n’êtes pas un bricoleur expérimenté, faire appel à un professionnel certifié RGE reste la solution la plus sûre pour garantir la performance et la pérennité de votre investissement.